[Actu] 10 minutes, pas besoin de plus ?

Publié le par deweysax

entretienUn cabinet de recrutement ne se contente pas de recruter des cadres. Il ausculte également le petit monde de l’embauche. L’un d’eux vient de faire paraître une étude (1) qui décrypte cette cuisine particulière qui consiste à jauger un candidat. Et la cuisine en question semble plus proche du fast-food que du petit plat mitonné. Selon 45% des 1400 directeurs financiers et DRH interrogés dans 9 pays, il faut moins de 10 minutes pour se forger une opinion sur un candidat. A la lecture de ce chiffre, on garde un moral en béton et une motivation de champion en se répétant que 55% des recruteurs prendraient donc leur temps pour nous juger. Sauf qu’en poussant plus avant la lecture de cet édifiant sondage, on tombe de sa chaise puisque, pour 25% de ces professionnels de l’embauche, moins de cinq minutes sont suffisantes pour juger la personne qui leur fait face.

Evidemment les optimistes nés trouveront dans cette étude de quoi les conforter dans leur insouciance puisque, après tout, une majorité de recruteurs a besoin de temps pour évaluer un candidat et dépasser sa première impression. En plus, le sondage est très international et en France, ils ne sont que 18% à s’estimer capable de faire le tour du candidat en moins de 5 minutes chrono. Mais on n’est pas rassuré pour autant. Qu’ils soient un peu plus ou un peu moins de la moitié à considérer qu’un homme ou une femme soit susceptible de faire l’affaire en dix petites minutes semble renvoyer cette profession à un siècle où les sergents recruteurs passaient de village en village en embauchant de bons soldats sur leur seule bonne mine et la qualité de leurs dents.

Alors devant ce déni de civilisation, on peut jeter l’opprobre sur le DRH. Mais on peut également saluer une certaine forme d’honnêteté. Puisque, après tout, cet a priori, chacun le porte en soi et l’utilise dans ses relations personnelles, dans ses rencontres amoureuses comme dans ses contacts sociaux. Il eut donc été particulièrement étonnant que le recrutement y échappe. Mais à la différence de la sphère intime où, après tout, chacun est libre d’avoir des jugements à l’emporte-pièce comme bon lui semble, le domaine professionnel se doit d’obéir à des règles et des méthodes fixées par l’expérience ou diverses formes d’enseignements. D’où l’intérêt pour des candidats d’avoir face à eux de véritables professionnels.

Qu’ils soient DRH en entreprise ou consultants en cabinet, l’une de leur tâche essentielle - et l’une des grandes difficultés de leur métier - est justement de passer outre les jugements hâtifs et les appréciations à la petite semaine. Et s’ils ne peuvent s’en empêcher, qu’ils poussent au moins l’entretien plus avant pour infirmer ou confirmer une première impression. D’ailleurs, l’enquête prouve leur souci de bétonner leur opinion : 71% des recruteurs interrogés pratiquent des entretiens de plus de trente minutes. En revanche, on ne connaît pas la part de ceux qui ont changé d’avis sur le candidat durant ce laps de temps.

(1) Etude de Robert Half Finance et Comptabilité menée en septembre 2005 auprès de 1400 directeurs financiers er DRH dans 9 pays (Australie, Belgique, France, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Nouvelle Zélande, Royaume-Uni, République tchèque.

Lu sur Cadremploi.fr

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zobglu 05/12/2005 23:33

En même temps, faut pas plus de 10 min pour cerner son futur employeur. Rien que d'après les questions qu'il te pose, les tests qu'il te fait passer, et ton job. C'est rarement en corrélation...Enfin, moi c'que j'en dis...