[Actu] Patch'mi Patch'pas !
La rubrique santé du Nouvel Obs nous informe des risques du patch contraceptif. Ce dernier peut remplacer la pilule avec pour avantage de ne s'en occuper qu'une fois par semaine. Il se trouve que cet avantage pourrait être son pire ennemi.
Mis sur le marché en 2002 aux Etats-Unis et en 2004 en France, les patchs contraceptifs représentent une alternative de choix à la pilule : ils délivrent des hormones mais ne se changent qu’une fois par semaine. La Food and Drug Administration (FDA) vient cependant de lancer une alerte concernant leur utilisation car ils délivrent plus d’estrogènes que la pilule et augmentent donc plus le risque de caillots sanguins.
Fonctionnant sur le même principe que la pilule, le patch (4,5 cm2 à poser sur les fesses ou l’abdomen) délivre pendant une semaine une combinaison d’estrogène (éthinyl estradiol) et de progestérone (norelgestromine) à travers la peau. Le rythme est mensuel : le patch doit être changé le même jour de la semaine pendant trois semaines, la quatrième semaine pas de patch. Les études montrent que les femmes oublient moins de changer leur patch que de prendre la pilule. De plus en évitant le passage par le foie, les composés actifs n’ont pas d’influence sur les concentrations des lipides (graisses) et des protéines de la coagulation dans le sang. Que des avantages en théorie donc par rapport à la pilule…
C’est précisément un des avantages présumés du patch qui pose aujourd’hui problème : il délivre les hormones en continu à un taux constant pendant une semaine. Les femmes ne ressentent ainsi pas les nausées provoquées parfois par la pilule contraceptive qui, avec une seule prise par jour, provoque des variations importantes des taux d’hormones. Cependant comme la délivrance des hormones se fait en continu, le patch expose les femmes au bout d’une semaine à 60% plus d’estrogènes que la pilule la plus dosée en estrogènes.
Cette exposition plus importante aux estrogènes peut augmenter le risque de formation de caillots sanguins, c’est-à-dire de thrombose. La thrombose est potentiellement très grave car une fois formés, les caillots peuvent boucher les vaisseaux et provoquer par exemple un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (AVC). C’est pourquoi la FDA a lancé une alerte sur l’utilisation des patchs, demandant au laboratoire américain qui les commercialise de placer une étiquette sur leurs produits mentionnant ce risque.
En France, les autorités sanitaires de santé n’ont pas encore réagi à l’alerte de la FDA.